La migraine de l’enfant : pas toujours facile à dépister


Contrairement aux idées reçues, la migraine est très fréquente chez les enfants. Mais ces derniers ne sont pas toujours pris au sérieux. C’est un des sujets des Entretiens de Bichat qui se tiendront à Paris en Septembre.

La migraine touche 5 à 10% des moins de dix ans. Parfois, le médecin passe à côté du diagnostic car les crises diffèrent de celles de l’adulte : « la plupart du temps, l’enfant a mal des deux côtés du front alors que la douleur est unilatérale chez l’adulte et les crises des petits sont beaucoup plus brèves (1 heure, parfois moins) car le sommeil est généralement réparateur. Mais chez l’adulte comme chez l’enfant, la douleur est pulsatile –autrement dit donne l’impression de frapper dans la tête– et elle est aggravée par l’effort, le bruit et la lumière. Les crises s’accompagnent souvent de nausées, de vomissements, de douleurs abdominales et parfois de vertiges», décrit le Dr Daniel Annequin, responsable du Centre de la migraine de l’enfant et de l’unité Douleur à l’hôpital Armand-Trousseau à Paris.

Relaxation et hypnose

Plus l’enfant grandit, plus les crises se rapprochent et s’intensifient. Elles se traduisent généralement par une journée sans école, sans jeux, sans télévision… Bien des parents se demandent si ces migraines ne sont pas d’origine psychologique. «Ces enfants sont souvent hypersensibles au stress. Les contrariétés, une dispute, la pression scolaire peuvent provoquer d’authentiques crises migraineuses. Mais ce sont seulement des facteurs déclenchants. La migraine n’est pas une maladie psychologique ! Ces enfants ne font pas du cinéma pour faire éviter l’école», insiste le Dr Annequin. La migraine est, en réalité, une maladie d’origine génétique : dans plus de 90% des cas, on retrouve des antécédents familiaux. Reste à soigner l’enfant pour qu’il puisse mener une vie la plus normale possible. Les traitements médicamenteux de la crise sont quasiment les mêmes que chez l’adulte. Grande différence : le traitement de fond repose sur des séances d’apprentissage de la relaxation ou de l’auto-hypnose. Objectif : réduire le nombre de crises en agissant sur l’anxiété et le stress. « Les études scientifiques montrent que ces méthodes sont efficaces dans la prévention des migraines de l’enfant. Et mieux encore: elles sont plus efficaces que les traitements médicamenteux», affirme le Dr Annequin. Une bonne nouvelle : en grandissant les petits migraineux ont de sérieuses chances de voir leurs crises s’espacer et, dans certains cas, disparaître complètement!

Brigitte-Fanny COHEN

 

Attention aux coliques du nourrisson
Récemment une étude, publiée dans la revue JAMA, a montré que les coliques du nourrisson seraient des manifestations précoces des migraines. Dans cette enquête, 76% des enfants migraineux avaient souffert, plus jeunes, de coliques contre seulement 26% des enfants non-migraineux. L’existence de ce lien possible doit inciter les parents de bébés ayant souffert de coliques à se sensibiliser aux signes de la migraine de l’enfant pour en accélérer le diagnostic. Ces nouvelles données devraient permettre de modifier la prise en charge des bébés qui en souffrent.
Infos pratiques :
Un livret d’information pour les enfants à télécharger sur dev.sparadrap.org
Un site internet pour les parents et les professionnels : dev.migraine-enfant.org
Pour tout savoir sur la douleur de l’enfant : dev.pediadol.org