Les médecines complémentaires peuvent-elles aider les femmes atteintes d’un cancer du sein ?


Les femmes qui souffrent de cancer du sein ont de plus en plus recours aux médecines complémentaires… sans en parler à leur cancérologue. Lors d’un colloque qui a eu lieu à Paris, les spécialistes se sont penchés sur cette question épineuse.
Les médecines complémentaires les plus souvent utilisées dans le cadre du cancer, et en particulier du cancer du sein, sont l’acupuncture, l’auriculothérapie, la relaxation, la musicothérapie, le yoga, le tai chi, l’homéopathie, la consommation d’oméga 3, de vitamines, certains régimes alimentaires incluant des périodes de jeûne etc… Un colloque intitulé « cancer du sein : ce que les femmes nous cachent » a voulu faire le point sur cette problématique. Car les cancérologues s’aperçoivent que de nombreuses patientes sont attirées par ces médecines. « Elles n’abandonnent pas pour autant le traitement prescrit par le cancérologue. Elles le suivent scrupuleusement : chirurgie, chimiothérapie, hormonothérapie, radiothérapie. Mais ces femmes cherchent à minimiser les effets secondaires des traitements. Plus généralement elles sont à la recherche de bien-être. Les traitements occasionnent parfois des nausées et des vomissements, de la fatigue ou encore une sécheresse de la peau… Elles ne cherchent pas une guérison miracle. Elles cherchent à aller mieux », explique le Dr Jean-Michel Vannetzel, radiothérapeute, oncologue, Président de l’Institut du Sein Henri Hartmann.

Attention aux charlatans

Le pourcentage de patients atteints de cancer (tous cancers confondus) qui ont recours aux médecines complémentaires est très important : de 30% à 70% selon les études. Mais 46% d’entre eux n’en parlent pas à son médecin. L’acupuncture est une des médecines complémentaires les plus utilisées par les femmes : beaucoup affirment que cette méthode les aide à réduire les nausées et les vomissements induits par la chimiothérapie. Il s’agit du ressenti de ces patientes. Mais il est très difficile de mener des études scientifiques pour le prouver. « Finalement les médecins souhaitent être les partenaires de leurs patientes. Les aider à mieux choisir : éviter les médecines douteuses qui pourraient entraver la guérison et les aider à aller vers des médecines complémentaires plus sérieuses si elles en éprouvent le besoin », souligne le Dr Vannetzel. Attention aux produits ou compléments alimentaires qui peuvent interférer avec le traitement anticancéreux. Attention aux produits qui peuvent se révéler toxiques. Attention aussi aux médecines dites parallèles, exercées par des personnes en dehors du circuit médical « classique » et aux charlatans qui demandent d’interrompre les traitements mis en place par des équipes médicales compétentes. Mais, à l’opposé, certains hôpitaux ou centres anticancéreux ont déjà adopté certaines médecines complémentaires comme l’auriculothérapie, l’hypnose, l’acupuncture ou encore la sophrologie : pour mieux accompagner les femmes dans leur combat contre la maladie.

Brigitte-Fanny COHEN