Pollution et allergies


Notre environnement, et en particulier la pollution, porte une part de responsabilité dans la recrudescence des allergies respiratoires. Des allergies de retour avec l’arrivée des beaux jours… et des pollens !

Les spécialistes parlent d’une véritable explosion des allergies respiratoires : la proportion de Français concernés a doublé entre 1980 et 2000. Selon le rapport du CREDES en 2009, 10% des Français souffrent aujourd’hui d’allergies respiratoires. Principalement l’asthme et la rhinite allergiques. Le réchauffement de la planète serait impliqué dans ce phénomène. « Avec un climat plus chaud, le printemps est généralement plus précoce, et l’été se termine plus tard. Par conséquent la floraison débute plus tôt, et la saison des pollens commence plus tôt. Par exemple à Bruxelles, le début de la pollinisation du bouleau se situait autour du 15 avril dans les années 70. Aujourd’hui, c’est autour du 15 mars : donc un mois d’avance en une quarantaine d’années ! », explique le Pr Michel Aubier, chef du service de pneumologie de l’hôpital Bichat à Paris. Du coup la saison des pollens est plus longue et chez des personnes prédisposées génétiquement, l’allergie respiratoire a plus de probabilités de se déclarer. « Certains pollens sont également plus agressifs du fait de l’augmentation de la température, mais aussi à cause de la pollution. Ils peuvent se combiner par exemple aux particules diesel: leur potentiel allergénique devient plus puissant», poursuit le Pr Aubier.

A l’extérieur comme à l’intérieur

Il ne faut pas oublier la pollution intérieure : les habitants des pays industrialisés passent presque 90% de leur vie dans des lieux fermés : maison, bureau, moyens de transport… Et l’air qui y est respiré contient aussi des allergènes potentiels. « Il y a énormément de polluants domestiques qui ont été identifiés, des substances présentes dans le bâtiment, les meubles, les peintures, les produits d’entretien… Mais aussi dans les émanations des appareils de chauffage, de cuisson… Tout ceci participe à l’explosion d’allergies respiratoires », souligne le Pr Aubier. Bien aérer, choisir les matériaux les moins polluants, ne pas fumer à l’intérieur des appartements… L’amélioration de l’air intérieur est une absolue nécessité.

Brigitte-Fanny COHEN

Pour en savoir plus:
« L’homme malade de son environnement », par le Pr Michel Aubier, avec la collaboration de Liliane Messika, éditions Plon.