Enfants stressés, adultes anxieux ?


Des enfants stressés deviennent-ils des adultes anxieux ? C’est ce que suggère une étude  américaine récente.

Le stress a vraisemblablement un impact bien plus important qu’on ne le pense sur les bébés et les jeunes enfants. Surtout chez les filles. A l’adolescence, elles souffrent plus souvent  d’anxiété, quand elles ont vécu notamment avec une maman stressée, déprimée, en conflit avec son conjoint ou encore en proie à des difficultés financières. C’est ce qu’ont conclu des scientifiques de l’Université du Wisconsin (USA) dans la célèbre revue Nature. « Pendant 20 ans, ces chercheurs ont réalisé une étude sur plusieurs centaines d’enfants, élevés par une maman stressée: ils ont dosé, dans leur sang, le cortisol qui est un marqueur du stress. Des années plus tard, ils ont constaté que cette hormone avait impacté la croissance et la structuration de ces cerveaux devenus adultes, grâce à l’imagerie médicale », explique le Dr Frédéric Kochman, pédopsychiatre à Lille.

Filles et garçons différents

En grandissant les garçons semblent moins affectés par le stress subi quand ils étaient tout-petits. Il semblerait que le cerveau féminin soit beaucoup plus sensible aux hormones du stress que le cerveau masculin. Les filles sont peut-être aussi plus fusionnelles avec leur mère, ce qui expliquerait pour une part qu’elles se laissent davantage envahir par les états d’âme de leur maman. Pour éviter que des enfants ne deviennent un jour de grands anxieux, il faut miser sur la prévention. « Tout se passe comme si le stress de la maman avait un effet contagieux sur le cerveau de ses enfants. Ce qui signifie qu’une maman qui est stressée doit se protéger elle-même du stress par des techniques personnelles comme la relaxation ou la méditation. Et si cela ne suffit pas, il ne faut pas qu’elle hésite à consulter un psychologue ou un psychiatre : pour éviter l’impact du stress sur elle-même mais aussi sur ses enfants », conseille le Dr Kochman. Les parents doivent aussi prévenir les stress quotidiens. Ecrans, cybertraumatismes, films violents peuvent aussi jouer un rôle délétère sur des enfants déjà confrontés à un stress familial.

Brigitte-Fanny Cohen