Des traitements plus performants pour les douleurs du pied


Les douleurs du pied sont très fréquentes et parfois invalidantes. Des traitements ciblés permettent aujourd’hui de mieux les prendre en charge.

Une douleur lancinante au talon qui empêche de marcher normalement ? Une échographie peut détecter une anomalie de l’aponévrose, la membrane de soutien de la plante du pied. « Cette membrane court de l’arrière à l’avant du pied, autrement dit du calcanéum aux orteils. Habituellement, son épaisseur est de 2,5 à 3 millimètres. Lors d’une inflammation ou d’une déchirure, elle enfle et mesure plutôt 4 à 5 millimètres. Ce problème, qu’on appelle aponévrosite plantaire, survient surtout chez des adeptes du jogging, des personnes qui courent ou font de la randonnée avec des chaussures inadaptées, ou encore chez ceux qui marchent souvent sur des sols accidentés (des gravillons par exemple). L’aponévrose est alors victime de micro-traumatismes répétés », explique le Dr Raoul Ghozlan, rhumatologue à Paris.
Une injection écho-guidée
Dans un premier temps, on demande au patient de porter une talonnette en mousse correctrice, on lui prescrit des anti-inflammatoires, des massages et des exercices d’étirement. Mais quand la douleur ne cède pas, on peut proposer alors une ou deux infiltrations de corticoïdes, dans l’aponévrose plantaire, sous guidage échographique, ce qui permet une très grande précision du geste. Un progrès récent qui a beaucoup amélioré la prise en charge de cette pathologie. « On observe un taux de succès pour 80 à 85% des patients. Ces derniers n’ont plus – ou pratiquement plus- de douleurs : ils peuvent reprendre une vie normale et s’adonner à nouveau à une activité sportive. Dans leur grande majorité, les patients sont satisfaits. D’ailleurs, quand on procède à une nouvelle échographie, on s’aperçoit qu’au fil des mois, l’épaisseur de l’aponévrose redevient normale », précise le Dr Raoul Ghozlan. En général, une seule injection suffit à guérir. Mais dans 30% des cas, le second pied peut présenter les mêmes douleurs. Il faudra également le traiter.

Brigitte-Fanny COHEN