UN ESPOIR DANS LA DMLA : LES OMEGA 3


 

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie de la vision qui touche un million de Français.  Les Omega 3 pourraient aider à la prévenir.

Dans la grande famille des Omega 3-ces acides gras que l’on trouve notamment dans les poissons gras- c’est le DHA qui a fait la preuve de son efficacité. Selon cette étude scientifique, menée pendant trois ans sur 300 personnes, consommer du DHA réduirait de 68% le risque de développer une DMLA. Une bonne nouvelle car on ne sait pas, à l’heure actuelle, la prévenir. « La dégénérescence maculaire touche la partie centrale de la rétine, prive peu à peu les patients de la vision et à terme rend aveugle. C’est donc une maladie terrible et handicapante. Parmi les facteurs de risque : l’avancée en âge, le tabagisme, les habitudes alimentaires, l’obésité ainsi que des facteurs génétiques », précise le Pr Eric Souied, chef du service d’ophtalmologie au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil. Il existe deux formes de DMLA, l’une dite sèche qui évolue lentement, l’autre dite humide, bien plus fréquente et plus sévère. Et c’est sur cette seconde forme que l’étude, dirigée par le Pr Souied, a été réalisée.

Les vertus du DHA.

Les Omega 3 sont de « bonnes graisses » qui ont fait leur preuve en prévention cardio-vasculaire. « Le DHA est l’un des acides gras Oméga 3 nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. Il a une particularité : chez l’homme, il est très peu présent dans les différents tissus, mais il représente la moitié des lipides, donc des graisses, qui composent la membrane des cellules visuelles de la rétine », explique le Pr Souied. En 2006, une équipe de l’Inserm de Nancy avait montré que consommer cet Omega3, le DHA, pouvait réduire de façon significative le risque d’apparition de maladie d’Alzheimer. DMLA – Alzheimer : même combat ? « Il existe un lien de parenté entre les cellules de la rétine et les cellules cérébrales, les neurones : dans les deux cas, les membranes de ces cellules ont besoin de DHA pour bien fonctionner », poursuit le Pr Souied. En pratique, les personnes à risque de DMLA doivent miser sur l’alimentation : les poissons gras, l’huile colza, l’huile de noix et les graines de lin sont particulièrement riches en DHA. Mais c’est au médecin de juger si  des compléments alimentaires peuvent s’avérer utiles ou pas.

Brigitte-Fanny COHEN