MALADIES PARONDONTALES : UN FRANÇAIS SUR DEUX


Lors du congrès de l’Association Dentaire Française qui s’est tenu fin novembre à Paris, les spécialistes ont tiré la sonnette d’alarme : en France, un adulte sur deux est concerné les maladies parodontales.

 

On oublie trop souvent que la santé des dents dépend de celle des gencives et de l’os qui les soutiennent : le parodonte. « Il y a deux grands types de maladies parodontales : les gingivites et les parodontites. La gingivite est une inflammation de la gencive provoquée par la présence de la plaque dentaire, constituée de bactéries. La gencive devient rouge, gonflée, douloureuse et peut saigner notamment lors du brossage. Si la gingivite reste bénigne, la parodontite est en revanche une maladie plus grave car les bactéries de plaque dentaire migrent dans les tissus et finissent par atteindre l’os qui soutient les dents et entraînent sa résorption progressive. Et quand il n’y a plus d’os pour retenir la dent, elle tombe », explique le Pr Philippe Bouchard, chirurgien-dentiste, responsable de l’unité fonctionnelle chirurgie buccale et parodontale à l’hôpital Rothschild Paris. Selon une enquête de l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD), 30% des Français ont déjà été victimes d’une gingivite et 20% d’une parodontite. Bien sûr, la gingivite est un facteur de risque de la parodontite. Il n’y a pas de parodontite sans gingivite préalable. Mais l’inverse n’est pas vrai. Autres facteurs de risque majeurs : le tabagisme et le diabète s’il n’est pas correctement traité. Deux phénomènes qui diminuent les défenses immunitaires de façon locale et qui peuvent favoriser, dans la bouche, le développement de « mauvaises » bactéries qui détruisent le parodonte.

 

Attention au coeur


Mais les maladies parodontales ont aussi un impact indéniable avec la santé en général. Car elles entretiennent un état inflammatoire insidieux et peuvent générer des dégâts à distance. Notamment en favorisant des maladies cardio-vasculaires. « Le lien entre ces deux maladies fait actuellement l’objet de recherches. On retrouve des bactéries parodontales dans la plaque d’athérome qui obstrue les artères. Lorsqu’on étudie deux populations de patients, on s’aperçoit que ceux qui sont traités pour leur maladie parodontale ont moins de problèmes cardio-vasculaires que ceux qui ne sont pas traités», souligne le Pr Bouchard. Des études récentes ont également montré que les gingivites et les parodontites étaient susceptibles-toujours à cause de l’inflammation silencieuse qu’elles génèrent- de favoriser les affections pulmonaires, d’aggraver l’obésité ou encore d’accélérer le développement de la polyarthrite rhumatoïde. D’innombrables raisons qui doivent pousser à les prévenir et les soigner.

 

Brigitte-Fanny Cohen

LES TROIS COMMANDEMENTS D’UNE PREVENTION EFFICACE

-une hygiène rigoureuse

Un brossage méticuleux est recommandé deux fois par jour minimum, pendant deux minutes au moins. On termine en faisant coulisser un fil dentaire entre toutes les dents pour éliminer la plaque. Une hygiène impeccable ne peut s’obtenir qu’avec l’arrêt du tabac : la cigarette favorise l’adhérence et le développement de bactéries dans la bouche.

-une bonne brosse à dents

La taille de la tête de la brosse à dents doit être adaptée à la dimension de la bouche, et la fermeté de ses poils à la qualité de la gencive. Si le brossage manuel n’est pas efficace, on peut utiliser une brosse à dents électrique.

-consultations régulières chez le dentiste

Deux détartrages sont indispensables chaque année pour bien éliminer la plaque dentaire qui se forme peu à peu, même si on se brosse bien les dents. Ces deux visites sont aussi l’occasion pour le dentiste de faire un dépistage précoce des maladies parodontales.