L’ABUS D’ANTALGIQUES NUIT GRAVEMENT À LA MIGRAINE


Attention : prendre trop d’antidouleurs pourrait aggraver les migraines ! C’est la conclusion d’un rapport publié par les autorités de santé britanniques.

 

Médicaments incriminés : le paracétamol, l’aspirine, l’ibuprofène ou encore les triptans pour les plus connus. Ces molécules appartiennent à la très célèbre famille des antalgiques : autrement dit les antidouleurs. Il y aurait de quoi se taper la tête contre les murs : plus on consomme de ces médicaments –pourtant censés combattre les migraines- plus on risque de les aggraver. Bien sûr, cette étude ne concerne pas seulement nos voisins anglais. Mais aussi les 7 millions de migraineux français. « De nombreuses personnes pensent pouvoir gérer leurs migraines sans consulter de médecin. Elles abusent de médicaments antidouleur.

 

Résultat : en plus de leurs migraines apparaissent des « céphalées intercalaires », des maux de tête qui surviennent entre deux crises. Cercle infernal : ces personnes veulent les calmer avec toujours plus d’antalgiques, ce qui augmente la fréquence de ces céphalées intercalaires», explique le  Dr Dominique Valade, chef du service Urgences Céphalées à l’hôpital Lariboisière à Paris. On estime que 1,5 à 2 millions de migraineux souffrent en France des conséquences de cet abus d’antalgiques. D’ailleurs, pour mettre en garde les patients, les spécialistes français ont défini la notion de pré-abus : ce seuil est atteint quand un patient consomme régulièrement des antidouleurs plus de deux jours par semaine. Pour parler d’abus : il faut consommer du paracétamol, de l’aspirine ou de l’ibuprofène au moins 15 jours par mois depuis 3 mois. Et pour les triptans -antidouleurs puissants contre les migraines- l’usage est considéré comme abusif si on en prend 10 jours dans le mois, et ce à partir du 1er mois. « Il faut sevrer ces patients de façon radicale : soit lors d’une hospitalisation, soit à domicile.

 

Mais le sevrage ne résout pas toujours le problème : environ 40% des patients rechutent et reprennent leur consommation excessive d’antalgiques. Actuellement, les patients sevrés chez eux se voient proposer un traitement à base d’oxygène à respirer plusieurs fois par jour. Les résultats sont préliminaires, mais ils montrent une réussite supérieure au sevrage hospitalier », indique le Dr Valade. Une fois l’abus jugulé, ces migraineux devront, comme les autres, adopter un traitement de fond : seul ce dernier permet de réduire la fréquence des crises.

 

Brigitte-Fanny Cohen